Hiver Automatique

Une brume épaisse, rare. Tout devient loin. Tout disparait. On se renferme. On s’enferme. Il fait froid. Canards morts arbres nus. On s’aveugle à vouloir voir l’horizon. La vie se dissout dans les lumières des lampadaires. Monochrome. Une envie d’ailleurs mais ailleurs c’est pareil, grisé. Un drôle d’hiver malade, égoïste. Inatteignable. Omniprésent de fatigue.

Les arbres apparaissent, en passant, comme des mots maladroits. La mémoire se trouble, crie, obscurcit. La route est dure, les murs dressés, impassibles. Les gens défilent. Marionnettes tristes emmitouflées. L’air est vide. Irrespirable. On suffoque. On s’accroche aux branches crevées qui craquent. Une allumette sans bougie, dans le noir de fumée. La vitre est mince. La transpiration pue la peur. L’incertain. La méfiance, la trahison.

Alors on frappe le rien, on veut tout mais tout y a pas il fait trop sombre trop pâle. Les faisceaux transpercent ma main. Je tremble d’écrire. Mais écrire c’est ce qui reste, faut pas s’éteindre, laisser une trace immonde dans tout ce beau. Et s’enflammer. Ca donne chaud. Avant de disparaître. Comme si de rien.

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